Biographie


Annie Ebrel Chant, compositions

 

Annie Ebrel vient du Centre Bretagne. Par delà l’actualité foisonnante que cetteconcise appellation recouvre, l’expression est belle de sens. Avant même de situer sur la carte les localités de Carhaix, Poullaouen ou Scrignac, on ressent cette impression  de gravitation et d’équilibre, d’attraction et de rayonnement, d’enracinement et de  carrefour.
Annie Ebrel est née à Lohuec, au nord de la Cornouaille, aux portes de Trégor, dans  une famille d’agriculteurs. On y parle breton au naturel. On y chante dans la tradition  du pays, on y danse aux accents du kan ha diskan.
dsc_3481En osmose totale avec ses racines, Annie Ebrel permet au chant traditionnel de  s’enrichir des sonorités les plus contemporaines.

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                     Yannick Larvor

Dès 1983, elle fait danser avec son compère Yannick  Larvor, mais poursuit son apprentissage, notamment   auprès de son maître, le chanteur Marcel Le Guilloux, et   en participant au travail documentaire mené alors par   toute une génération de jeunes artistes bretons tout à la fois soucieux de racines et d’ouverture. À partir de 1992, elle multiplie les compagnons de scène, tels Louis Lallour, Erik MarchandYann-Fañch Kemener… et surtout Nolùen Le Buhé.

-En 1995 : Sortira son album a capella « Tre ho ti ha ma hini ». (Coop Breizh)

-En 1996 : Avec le groupe Dibenn (l’album recevra les Prix de France 3 et de Coop Breizh), Annie Ebrel défriche de nouvelles terres du chant breton, ouvrant à son tour la voie à d’autres chanteuses et chanteurs.

aerdf4Cette même année elle rencontre le contrebassiste italien Riccardo Del Fra lors de la tournée du label Gwerz Pladenn (Coop Breizh).
Une relation forte et durable se noue avec le musicien et se cristallise en un duo.
Le spectacle « Douar Glizh » sera créé à la Scène Nationale de Quimper en 1997. Il recevra le prix à la création de la Région Bretagne.
 Pendant une décennie, le duo proposera de nombreux concerts en Bretagne, en France, à l’étranger (Russie, Pologne, Allemagne, Suisse, Belgique, Italie, Martinique, Norvège …) sur des scènes très éclectiques, dédiées à la musique traditionnelle, au jazz ou à la musique classique.

-En 1997 : Une tournée avec Toto La Monposina (Colombie), Yungchen Lhamo (Tibet), Mah Damba (Mali) conduira Annie sur les routes de France, Suisse, Belgique, Allemagne…

-En 1998 : En duo avec Riccardo Del Fra dans la continuité de Douar Glizh sortira l’album « Voulouz Loar ». Ce disque reçoit un Diapason d’or, un Choc du Monde de la Musique de l’année 1999 et remporte le Grand prix du disque Produit en Bretagne.

-En 2001 : Le duo deviendra sextette. Dans le spectacle « Flouradenn » au théâtre de la ville de Paris, les deux musiciens invitent Paolo Fresu, Laurent Dehors, Kuljit Bhamra et Jean-Luc Landsweerdt – co-prod avec le Quartz de Brest.

-En 2002 : Le festival de jazz du Mans propose au duo une carte blanche pour une série de concerts, ils invitent Jacques Pellen à les accompagner. En 2002 et 2003 ce seront Jacques Pellen, Dominique MolardBojan Z, puis Médéric Collignon qui seront invités pour des concerts au Grand Théâtre ou au Festival Interceltique de Lorient. 

-En 2004 : Après avoir uni sa voix à tous ces langages musicaux contemporains, le bagage rempli de toutes ces expériences, Annie Ebrel crée en 2004, un spectacle solo : Une Voix Bretonne, costumes du couturier Pascal Jaouen et mise en scène du cinéaste Lucas Belvaux.

-En 2006 : Nouvelle aventure musicale, en quartet cette fois, avec l’harmoniciste Olivier Ker Ourio, le percussionniste Bijan Chemirani et le guitariste Pierrick Hardy. L’album « Roudennoù » et le spectacle sont à la fois un aboutissement de toutes ses rencontres passées et un nouvel élan vers l’avenir avec ces musiciens d’horizons si divers.

-En 2007 : Bruno Allary et la Compagnie Rassegna invitent Annie Ebrel pour D’une mer à l’autre. La Bretagne rencontre la Méditerranée et ses influences. Que les mers soient centres d’échanges ou enceintes protectrices, les chants de leurs rivages accompagnent la danse, racontent des histoires individuelles avec une même mélancolie et une même énergie rythmique. Une passerelle humaine et musicale originale, reliant patrimoines et héritages.

-En 2009 :  Annie Ebrel, Nolùen Le Buhé et Marthe Vassallo proposent un spectacle de chant a capella, Teir. trio_ebrel_lebuhe_vassalloveronique_le_goff
Elles promènent l’auditeur des rives du Trégor à celles du pays vannetais, via les chemins creux du Centre-Bretagne, font remonter les siècles, d’hier matin au haut Moyen- Âge et l’emmènent aussi plus profondément, dans la chair des mélodies elles-mêmes, dans les détours des textes, dans les échos des versions, dans les formes où parler et chanter se confondent.

-En 2011 : Ar rannoù-les séries, projet porté par le guitariste Jacques Pellen (Celtic procession) avec Annie Ebrel et le Quartet One Shot (combo de jazz rock électrique compagnon de route du légendaire Magma), contient une incroyable puissance tellurique. On est en présence de l’interprétation magistrale d’une musique universelle signée par la compositrice et harpiste Kristen Noguès.

-En 2012 : En duo avec le chanteur Lors Jouin sont proposés le concert et l’album « Tost ha Pell ». Ensemble ils abordent le répertoire des disputes (des discours argumentés entre deux parties), ils s’amusent à se quereller et à se répondre. Ils campent ainsi une belle galerie de personnages qui débattent, souvent avec malice, de leurs qualités et mérites : le paysan et le marin, la mère et la fille, le Cornouaillais et le Trégorois, ou des duos plus improbables tels le coq et l’horloge ou le soleil et la pluie.

-En 2012/2013 : Est créé Triskan en compagnie de Jacky Molard (violon et guitare) et de Julien Padovani (fender rhodes et piano). Durant de nombreuses années, chacun de leur côté, ils ont multiplié les aventures musicales à la recherche de l’autre, de l’inconnu, en dehors des frontières, pour le plaisir du partage et de la rencontre. Ici, ils travaillent ensemble sur la matière sonore, la voix chantée et parlée, interrogeant aussi les principales étapes de l’évolution de la tradition musicale populaire en Bretagne.

-En 2013 : Annie Ebrel fête ses 30 ans de chant à Saint Nicodème, auprès de plus de mille personnes et de très nombreux musiciens. Dans l’après-midi un concert retrace en musique, en poésie, un parcours éclectique et riche. En soirée, sonneurs et chanteurs se succèdent pour un grand fest-noz. L’album 30 ans de chant sort à cette occasion.

-En 2014 : Annie Ebrel crée avec Pierre Guillois (écriture et mise en scène) et Kevin Seddiki (guitare et zarb) Le Chant des soupirs. Le chant des soupirs est un spectacle de théâtre musical, il nous raconte l’histoire banale et extraordinaire de cette fille de paysans bretons qui, en osmose avec ses racines, va permettre au chant traditionnel de s’enrichir des sonorités les plus contemporaines. C’est aussi la chronique d’un héritage culturel miraculeux à l’époque où une rupture historique irréversible s’opérait dans le pays breton. Une période où se brise cette transmission orale qui assurait jusqu’ici le ciment entre les générations. Annie a déjoué la destinée ; in extremis, elle a fait, du breton, sa seconde langue maternelle. Sa langue de cœur. C’est la fable de cette identité arrachée contre le vent de l’histoire qu’elle nous délivre, sereinement. Elle nous invite à nous pencher sur ces contes et légendes que ce répertoire charrie, à goûter les saveurs de tourbe et de granit dont les mélodies regorgent, à entendre les cris des drames dont sont inspirés gwerzioù et sonioù, à se plier devant les leçons de majesté humaine qui ont poussé vaillamment sur cette terre rude, pauvre mais fière.

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